mardi 25 août 2015

Crise du bâtiment : Les entrepreneurs sont seuls responsables

Les entreprises françaises de bâtiment pourraient perdre jusqu’à 45.000 emplois. Pourquoi ? Parce que les entrepreneurs en bâtiment sont des branleurs.

Voilà déjà plusieurs mois que j’ai décidé de faire faire des travaux chez moi. J’ai donc demandé des contacts à droite et à gauche, ouvert les pages jaunes et ai finalement contacté 4 entreprises locales dans l’espoir d’avoir des travaux convenablement exécutés.

La première entreprise m’a répondu qu’ils étaient débordés et qu’ils ne faisaient plus les particuliers.

La seconde est venue assez rapidement. En arrivant, le maçon m’a dit « C’est trop gros pour moi. Je veux bien vous faire une petite partie, mais pas plus ». Son devis est arrivé au bout de 3 semaines, avec un prix qui me fait simplement penser qu’il n’a décidément pas envie de s’embêter non plus avec cette petite partie.

La troisième est venue, représentée par son patron qui me semblait un bon technicien. Il a passé une bonne heure avec moi, pris des mesures, posé des questions, annoncé quelques options de construction. Jusqu’au moment où il m’a demandé si « j’avais le budget ». Je lui ai répondu que oui, en lui faisant comprendre tout de même que ce n’était pas facile de répondre tant que, justement, on n’avait pas encore eu le devis qu’on demandait. Il m’a ensuite fait sa tirade sur la difficulté du métier, sur le temps à passer sur des devis si les clients n’étaient pas sûrs de faire les travaux, sur son cahier de travaux déjà rempli pour les 3 prochains mois. Je l’ai félicité sur le succès de son entreprise et lui ai suggéré qu’il pourrait peut-être embaucher s’il ne pouvait satisfaire tous les clients qui l’appelaient. Sa tirade économique s’est ensuite orientée sur la difficulté à recruter et à gérer son personnel.

Il a fini ses mesures, m’a redemandé encore une fois si j’avais « le budget », est parti, et ne m’a jamais envoyé son devis. Même après 2 relances.

J’ai pris rendez-vous pour un devis avec la quatrième. C’était prévu un lundi à 18h. Vers 19h30, n’ayant toujours vu personne débarquer, j’ai envoyé un message. La réponse est arrivée le lendemain matin : « On était sur un autre chantier à Paris alors on n’a pas eu le temps de passer, et on n’a pas pu prévenir parce qu’on avait plus de batterie dans le portable ». Nous avons pris un nouveau rendez-vous et ils sont finalement venus. La discussion a été constructive, et le devis est arrivé au bout de 2 semaines. Devis sur lequel il manquait au moins un tiers de mes demandes. Après avoir rappelé et demandé des compléments d’information, on m’a promis de me les envoyer dans la journée. Ils ne sont jamais arrivés. J’ai ensuite donné un accord de principe sur l’acceptation des travaux sous réserve que les informations demandées et le chiffrage soient complets, et ai demandé quand on pouvait commencer les travaux. « Bientôt » m’a-t-on répondu. S’en est suivie une tirade sur les chantiers, le personnel et les fournisseurs pendant l’été, et surtout au mois d’Août. 2 mois se sont écoulés, le devis n’est pas complet.

Il ne s’est donc rien passé depuis 4 mois, date à laquelle je ne voulais qu’une chose : qu’une entreprise de maçonnerie, pour quelques dizaines de milliers d’euros, accepte de satisfaire mes besoins.

Chers entrepreneurs du bâtiment : apprenez à gérer votre entreprise, recrutez, et surtout, cessez de vous plaindre de tous les maux lorsque vous n’avez pas le sérieux d’autres acteurs économiques.

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