vendredi 18 mars 2011

Congé paternité : Les pères peu intéressés par ce dispositif ?

En 2009, environ 350.000 pères auraient pris leurs congés paternité. C’est moins de la moitié du nombre de naissances annuelles. Est-ce donc à dire que les hommes seraient peu intéressés par la naissance de leur progéniture ? Ou voudrait-ce dire que l’homme se sent beaucoup plus utile dans son entreprise que dans son foyer ? Peut-être les deux, pour quelques uns d’entre eux. Mais ce taux peu élevé de la prise de congés paternité reflète surtout un manque évident de souplesse dans le dispositif.

D’une part, le congé doit être demandé au moins 1 mois son début effectif. Sachant qu’il est impossible d’anticiper précisément le jour de la naissance de l’enfant, et pour ne pas risquer de perdre quelques journées sur les 11 calendaires attribuées, les pères attendent donc que la naissance soit effective avant de poser leur congé. Mais, d’autre part, ce congé ne peut être pris au-delà des 4 mois d’âge de l’enfant ; ce qui réduit donc à 3 mois le créneau réel des congés (de ‘naissance + 1 mois’ à ‘naissance + 4 mois’). Et dans ce cas, on retombe souvent dans de (fausses) problématiques de gestion de ressources des entreprises, elles même encore moins souples que le dispositif de congé paternité. Du moins, elles peuvent alors le faire ressentir à certains de leurs cadres.

Par ailleurs, on n’évoque que très rarement le coût de ce congé paternité. Car s’il est bien pris en charge par la communauté, il est également soumis au plafond de la sécurité sociale. Ce qui signifie que tout salarié gagnant davantage que cette somme aura nécessairement une perte de salaire. On pourra toujours arguer que ce montant est plus élevé que la moyenne française et n’impactera donc que les cadres les plus aisés. Peut-être. Mais cela n’empêchera pas qu’une perte de salaire de plusieurs centaines, voire milliers d’euros peut être un point qui en dissuade certains de ne pas prendre ces périodes, d’autant que le remboursement des jours pris est fait à postériori (le salarié avançant donc l’argent pour la sécurité sociale en créant un déficit immédiat dans son budget).

Que l’on ne s’étonne pas alors que la moitié des pères continuent leur travail plutôt que de profiter de ce moment pourtant si privilégié qu’est la naissance d’un enfant.

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