lundi 8 novembre 2010

Pourquoi je n'aime pas l'iPad

Un paquet de gens donneraient volontiers les raisons pour lesquelles ils aiment l’iPad d’Apple. C’est vrai que c’est un beau jouet, même s’il fait plutôt rêver parce que c’est l’objet d’une marque devenue tendance, et qu’il faut le posséder pour être soi-même à la page. Cela fait même 1 mois environ que j’ai cet équipement à la maison. Oh, non pas que j’aie investi, mais disons que c’est plutôt un outil professionnel que je n’ai pas payé sur mon budget perso. Alors, j’avoue, il y a des points séduisants sur l’iPad : Il est beau, léger, rapide à démarrer et éteindre, facile à prendre en main. Très bien. D’apparence, il a tout pour réjouir un journaliste qui en ferait une chronique après l’avoir utilisé pendant 1 heure. Mais voilà, qu’en est-il lors d’un usage réel ?

Histoire, donc, d’être un peu ronchon, voici les raisons pour lesquelles je n’aime pas l’iPad.

- Il est cher. Et je n’aime pas ce positionnement luxe qu’a pris Apple depuis des années, alors que ce type de tablette n’est, finalement, qu’un outil, voire un périphérique.

- En français, il est mal localisé. Apple a le syndrome de la société globale qui conçoit son produit pour le marché américain et qui rêve ensuite d’inonder la planète à moindre frais, en faisant abstractions des contraintes de bases, fussent-elles culturelles, linguistiques ou techniques. Et les exemples ne manquent pas sur l’iPad. Le clavier virtuel, tout d’abord, est un modèle d’archaïsme pour tout français habitué au bon vieux clavier AZERTY : les caractères accentués sont absents du clavier par défaut, et il faut taper sur une touche pour y avoir accès. Je comprends cette approche sur un mobile (manque de place sur l’écran de l’appareil), mais sur l’écran correctement dimensionné de l’iPad, c’est culturellement inadmissible de la part d’un éditeur de logiciel aussi renommé.

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Et puis il y a les traductions ésotériques, ci et là, qui montrent que peu de test faits par des français natifs ont dû être effectués avant la sortie du produit. Le plus absurde que j’aie trouvé est cette connexion à un serveur Exchange, traduit par « Échanger ».

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- Les modalités d’inscription à l’AppStore sont honteuses. Si vous ne connaissez pas le machin, sachez que l’iPad est livré avec le strict minimum de logiciels. Tout au plus un navigateur internet, un lecteur de messagerie et un lecteur de média. Même pas une calculatrice… Et tout ajout se fait exclusivement au moyen de l’AppStore, la boutique en ligne Apple par laquelle transite toute application, gratuite ou non. Pour télécharger quoi que ce soit, il faut donc effectuer son inscription à l’AppStore. Et celle-ci ne sera effective que lorsque vous aurez rentré une bonne fois pour toutes vos coordonnées de carte bancaire sur le site ; données qui ne vous serons plus demandées ensuite, et qui seront conservées bien au chaud par Apple. Et là, j’avoue que le business model est très fort : donner sa carte bancaire pour utiliser un produit, même si l’on ne veut rien acheter, c’est quelque chose qu’aucun VPCiste français n’avait encore réussi à faire jusque là. Sauf que moi, en tant que consommateur, je n’aime pas ce pousse-au-crime à la sécurité incertaine. Accessoirement, on notera également que les conditions générales d’utilisation à l’AppStore représentent 41 pages d’écran, que l’utilisateur doit forcément accepter pour que l’inscription ne se finalise. Autant dire que ce sont 41 pages que personnes ne lira jamais, mais qui feront la joie des juristes d’Apple si un jour un client se sentait floué.

D’ailleurs, voici un court extrait qui montre le peu de cas que l’on fait de l’utilisateur quant à la sécurité et à la confidentialité de ces données :

VOTRE COMPTE
<…>Vous êtes seul responsable de la confidentialité et de la sécurité de votre Compte et de toutes les opérations effectuées sur votre Compte ou transitant par celui-ci, et vous acceptez d'avertir immédiatement iTunes de toute violation de la sécurité de votre Compte. iTunes ne pourra être tenu pour responsable d'aucune perte découlant d'une utilisation non autorisée de votre Compte.
Vous acceptez de fournir les informations exactes et complètes au moment de votre enregistrement et de toute utilisation du Service (« Données d’Inscription ») et vous vous engagez à mettre à jour vos Données d'Inscription afin qu'elles restent exactes et complètes. Vous acceptez qu'iTunes conserve et utilise les Données d'Inscription que vous avez fournies en vue de la tenue de votre Compte et de la facturation.

- La synchronisation à des données extérieures à l’iPad, celles stockées sur votre PC par exemple (photos, musique…), passe par le logiciel iTune devant être déjà installé sur votre ordinateur avant toute utilisation de l’iPad. Pas d’ordinateur, pas d’utilisation d’iPad. Ceci positionne donc l’iPad comme un périphérique, ce qui me ramène à mon tout premier commentaire sur le prix.

En fait, je me suis aperçu que l’iPad me sert à consulter quelques informations. Dès que je veux faire une opération un peu plus consistante, ou simplement taper un contenu plus grand qu’une simple phrase, je finis inéluctablement par retourner sur mon PC. Mais sur le buffet du salon, il fait un très beau cadre photo…

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