jeudi 19 août 2010

Gens du voyage : liberté de s’installer

Bordeaux est ces jours-ci dans le champ des médias pour des négociations difficiles avec la communauté des gens du voyage. Ceux-ci souhaiteraient en effet installer leur campement sur des terrains dont la mairie refuse l’autorisation. Parmi les arguments avancés par les représentants des gens du voyage, les média reprennent celui « d’avoir la liberté de s’installer où bon leur semble ».

La liberté de circulation et ce choix de vie est louable en effet. Qui donc n’a jamais rêvé de parcourir le monde et de s’installer où il le souhaite, même temporairement. Mais la société dans laquelle nous vivons a pourtant quelques règles simples de vie, comme celle de respecter le bien d’autrui ou bien de demander poliment la permission avant d’occuper un espace qui ne nous appartient pas. Et d’accepter humblement qu’on puisse se faire refuser cette permission.

Mais en tant que consommateur et citoyen, il y a surtout quelque chose qui me gène profondément dans les revendications des gens du voyage : ce supposé droit d’obtenir des facilités logistiques où et quand ils le souhaitent, là où tout autre sédentaire doit s’acquitter d’un loyer, de charges et de taxes locales. Si je décidais, moi le sédentaire invétéré, d’habiter à un endroit que je choisis, je devrais payer un loyer qui serait fonction de la disponibilité et de la demande de cet endroit, ou bien acheter ma parcelle de propriété avec un prix de marché. Je devrais également payer des impôts locaux –voire des taxes foncières- qui, même s’ils ne me donnent pas toujours l’impression d’être réinvestis à mon avantage, sont au moins d’une utilité pour la collectivité. De même, si je décidais d’être passagèrement nomade, avec un camping car ou une caravane pendant mes vacances par exemple, je ne pourrais m’installer qu’à des emplacements prévus à cet effet, que je choisirais également en fonction des disponibilités et de mes moyens. Mais en aucun je ne pourrais passer outre sans risquer une sanction ou, pire, une dégradation d’un environnement fragile. Et s’il n’y avait pas de disponibilité, je choisirais une autre solution.

Aussi, j’aimerais que les gens du voyage, qui défendent chèrement leur liberté de circulation, puissent considérer les contraintes de la société dans laquelle nous vivons. Si imparfaites soient-elles, elles garantissent surtout la liberté de vie du plus grand nombre.

1 commentaire:

  1. « Si imparfaites soient-elles, elles garantissent surtout la liberté de vie du plus grand nombre. »

    Du plus grand nombre ? Oh que non !

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