mardi 29 juin 2010

Sarkozy et le train de vie de l’état

À l’heure où l’on parle à nouveau d’un certain train de vie de l’état, de la mauvaise maîtrise des dépenses publiques, et à l’heure où quelques hauts personnages tendent à confondre chose publique et avantages privés, voici un extrait de discours qu’il est bon de se remémorer.

« Notre fonction publique est l'une des plus remarquables du monde par la qualité de ceux qui s'y engagent, par leur haut niveau de qualification, par leur moralité, et par leur professionnalisme.

En France le service public ce n'est pas seulement une profession, ce n'est pas seulement un métier, c'est une vocation.

Vous êtes jeunes, vous apprenez à être compétents, vous avez toute la vie devant vous, vous auriez pu faire d'autres métiers offrant responsabilités et perspectives de carrière. Et vous avez choisi de travailler dur pour préparer des concours très difficiles, vous avez choisi ce qu'il y avait de plus exigeant.

Vous n'avez pas fait ce choix par appât du gain.

(…)

C'est parce que pour vous l'intérêt général c'est quelque chose d'important, parce que pour vous ce n'est pas une formule creuse mais une expression qui a du sens, qui exprime un engagement, une cause plus grande, plus belle que celle du seul intérêt personnel.

(…)

Le service public ne peut pas obéir au critère de la rentabilité financière. Mais le service public a un devoir d'efficacité. Il a le devoir de rendre le meilleur service possible sans gaspiller l'argent public qui est l'argent des Français.

Ne plus gaspiller un seul Euro d'argent public, tel doit être l'idéal vers lequel nous devons tendre, telle doit être l'exigence que chaque agent public doit s'imposer à lui-même, telle doit être la première règle que vous devez vous fixer lorsque vous exercerez les responsabilités qui demain seront les vôtres.

C'est une question d'économie : nous n'avons plus les moyens de gaspiller, nous avons trop de déficits, nous avons trop de dettes, nous avons trop de besoins urgents.

L'argent qui est gaspillé, l'argent qui est détourné par la fraude, c'est de l'argent qui est pris à ceux qui en ont le plus besoin. C'est de l'argent qui n'ira pas à la lutte contre l'exclusion, contre la pauvreté, qui n'ira pas à la santé, qui n'ira pas à l'éducation, qui n'ira pas à l'investissement.

C'est aussi une question de morale : l'argent public c'est l'argent des travailleurs, l'argent de ceux qui se donnent du mal pour gagner leur vie, qui ont du mal à gagner leurs fins de mois, du mal à loger leur famille et à élever leurs enfants en travaillant. Le moindre des respects qu'on leur doit c'est de ne pas laisser gaspiller, de ne pas laisser détourner ce qu'ils ont si durement gagné.

Mais comprenez-moi bien : je ne suis pas un moraliste. Je ne suis pas un adepte de l'ordre moral. Je ne cherche pas à faire la morale à quiconque. S'il y a du gaspillage, s'il y a de la fraude, c'est parce que le système le permet, c'est parce que le système y incite. Moi, je ne veux pas réformer les consciences. Je veux réformer le système. »

Extrait de l’allocution de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, à l'occasion de la visite de l'Institut Régional d'Administration (Nantes, le mercredi 19 septembre 2007)

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