lundi 26 octobre 2009

Twitter en français

Si le succès de Twitter est avéré à ce jour, il reste encore beaucoup à faire pour le rendre populaire à l’international, le site étant exclusivement en anglais. Twitter mise donc aujourd’hui sur sa traduction en allemand, français, espagnol et italien avec un fort penchant pour une traduction basée sur sa communauté d’utilisateurs.

J’ai donc essayé, juste pour voir. Je m’y suis beaucoup amusé, mais y ai vu des choses à l’encontre du bon sens pour tout processus industriel de localisation. Je partage avec vous quelques unes de mes notes et réflexions :

- Il y a 1484 chaînes à traduire. Dont une petite centaine qui a été ajoutée depuis le démarrage du projet. Dont certaines n’étant pas stabilisées et sont réinitialisées. --> Ce n’est pas très malin de faire traduire alors que l’interface n’est pas finale. Le travail est dupliqué.

- La traduction a commencé, mais aucun glossaire n’est publié ou n’est final. Et les discussions de n’en plus finir entre les membres de la communauté. --> On commence généralement une localisation lorsque les termes sont définis et publiés.

- 1500 chaînes à traduire environ, c’est un petit volume de travail. C’est un projet à moins de 20.000 € et moins de 2 semaines de travail s’il était fait par un professionnel. --> Pourquoi se faire chier avec une communauté d’utilisateurs dont beaucoup ne maîtrisent pas le sujet ?

- Au classement des contributeurs pour le français, je suis n°3. Sans doute parce que j’ai traduit plus de 1100 chaînes. J’ai fait de mon mieux, mais qui va valider la véracité de mon travail ? Base-t-on la qualité sur une moyenne des chaînes traduites en espérant que plus une chaîne est traduite à l’identique plus elle a de chance d’être correcte ?

- Quid de mon travail si un terme en français devient officiel alors que j’en ai utilisé un autre ?

- Il n’y a aucun contexte sur la chaîne à traduire donc impossible de savoir, parfois, si la source anglaise est à l’infinitif ou impératif.

- Les exemples, contenus ou commandes comportant des dates ne sont pas globalisés. Donc impossible de localiser ce type de contenus


Bref, le projet est intéressant, mais je crois de moins en moins à une « delivery » de qualité lorsqu’on se base sur la communauté. Du moins on crée trop de dépendances et de communications qui ruinent vraiment l’efficacité du projet. Facebook, qui avait misé sur les mêmes méthodes ne m’avait d’ailleurs pas convaincu une fois traduit en français.

À moins que cette localisation communautaire ne soit qu’une façade servant à communiquer vers ces nouveaux marchés à ouvrir, alors le projet est réellement tenu d’une main de maître par Twitter, chez Twitter… Et ce serait plus une opération de marketing que d’engineering.

À suivre…

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